Communication prioritaire du Méka 6-BEL 7841-3, par Azlo Shui
Extraits d'une longue émission diffusée sur canal crypté et donnée sur mémoclé aux aventuriers du Yan, bar d'attache d'Azlo.

Partie 1 : Paradis perdu
Je me souviens bien de la première fois que j'ai vu Zéphyr. C'était une boule bleue qui ressemblait beaucoup à la Terre. Oui, je suis venu du système solaire, mes petits-enfants se moquent de moi quand je leur raconte ça, mais c'est vrai.
Les océans et le ciel de la planète étaient un peu violets, bien moins que dans les lacs qui restent de nos jours. C'était une couleur subtile, maintenant, les sels lilas sont tellement concentrés que je refuse même de tremper ma vieille carcasse dedans.
Je suis arrivé bien avant la fin des océans. Je suis venu sur un transporteur spatial énorme affrété par Ingent. Après une halte obligatoire sur l'anneau orbital pour vérification de la cargaison, j'avais enfin la possibilité de poser le pied sur cette belle planète. Le plus étonnant, c'était la ressemblance avec la Terre : des nuages aux reflets violets traçaient des ombres sur les mers agitées par les vents incessants. Oui, celui qui a nommé les lieux avait beaucoup d'humour, car ici les doux zéphyrs arrachaient les feuilles des arbres et forçaient tous les techniciens à se réfugier à l’intérieur en cas de tempête. Il n'était pas rare que ma biocellule soit totalement enterrée en un instant sous une dune de sable charrié depuis les déserts situés à plus de cent kilomètres.
La vie était dure, mais j'avais un contrat, j'allais là où la corporation me disait d'aller. Je savais bien que je finirais mes jours ici, mais je préférais ce décor de carte postale aux mines d'astéroïdes ou aux vaisseaux accumulateurs de nébuleuse.
Mais c'était bien mieux à l'époque. Le niveau des mers avait déjà bien baissé, les derricks envoyaient des milliards de litres d’eau par seconde dans les docks orbitaux depuis des années déjà et les sites industriels et miniers n'étaient pas très beaux. Mais les villes des colons avaient quelque chose de magique, construites sur piliers, suspendues aux flancs des falaises et reliées au ciel par les traits d'argent étincelant des ascenseurs orbitaux. Et les colons étaient si beaux, si gentils. Je n'ai jamais cessé de profiter de leur hospitalité, en particulier des plus jolies demoiselles ! [...]

Partie 3 : Catastrophe
Il y a trente-cinq ans que cela s'est passé. J'étais affecté à l'entretien des pipelines thermiques à l'époque et je discutais tranquillement avec une très belle rousse, je ne me souviens plus de son nom, mais de sa silhouette, ça oui ! Tout d'un coup, il y a eu un silence. Comme si tous les sons de la planète avaient été aspirés. On l'a tous senti, on a tous relevé la tête vers l'origine du phénomène, comme si nos sens nous avaient permis de localiser où les sons s'en étaient allés. La porte stellaire reliant le système de Crios au reste de la Confédération pouvait normalement se voir à l'œil nu, même à midi. Et là, il n'y avait plus rien. Même le vent avait cessé de souffler.
Je crois bien que tout le monde a hurlé : sans la porte nous étions coincés à l'autre bout de l'univers, foutus. Certains se rassuraient à voix haute en disant que si la porte avait explosé, on l'aurait vu, les cadres nous auraient prévenu. Je crois bien avoir souillé ma tenue de chantier quand la sirène a retenti. Pas la sirène d'une attaque de méka d'un concurrent qui voulait notre site, ni celle d'une fuite, non, un son continu que je ne connaissais pas. Des gens qui apparemment savaient ce qu'elle voulait dire se sont mis à courir ou à rouler comme des fous sur leurs buggys. Je suis resté figé sur place, avec les autres. Mon meilleur ami, Gajer, nous parlait de phénomène atmosphérique, la rousse d'une attaque de pirates Voïd qui auraient réussi à percer le code de la porte... tout le monde avait une explication, personne ne savait ce qui se passait. On a bien vu plusieurs vaisseaux décoller, mais personne n'a compris que les rats quittaient le navire avec les personnes importantes et le matériel le plus cher, jusqu'à ce qu'on croise un ingénieur en chef et sa famille. Il avait reçu l'ordre d'évacuer en laissant les siens derrière, certains l'avait fait, lui n'avait pas pu.
La porte n'a explosé qu'au bout de quelques heures, vers midi ou à la fin de la journée, je ne sais plus trop, je me fais vieux. Tout le monde a perdu ce jour-là. C'était la fin des communications et du transport en temps réel avec le reste de l'univers. À présent, il fallait un demi-siècle pour aller à la plus proche porte.
L'ironie, c'était que la boule bleue de l'explosion m'a rappelé la planète telle que je l'avais vue la première fois !
Je suis allé dans le premier port au bord de la plage infinie (depuis la disparition des mers, les colons avaient rebaptisé les lieux : toujours plein de bon sens ces colons) et j'ai vidé mon compte pour me bourrer la gueule comme un local. [...]

Partie 4 : La guerre des ruines
Abandonnées à leur sort, les milices des corporations n'en continuèrent pas moins à mener une guerre futile, pensant que les cadres allaient revenir. Moi, je me suis mis à penser à l'avenir : je savais qu'on était coincé là pour un bout de temps. Les vaisseaux encore capables de rallier l'orbite avaient été pris d'assaut dans les jours qui avaient suivi la Rupture et tout ce qui était capable de voler avait tenté de partir. Aucun n'est revenu, ça doit être un beau cimetière là-haut... Ces imbéciles pensaient que la porte avait résisté et fonctionnait toujours, ils ont dû mourir de faim, de froid ou d'asphyxie en tombant à court de carburant. Encore de nos jours, de temps à autre, un vaisseau décroche de l'orbite et vient brûler dans l'atmosphère. Moi, quand ça arrive, je fais un vœu ! [...]
Les hostilités finirent par s’éteindre d’elles-mêmes, avec le temps et l'effondrement du système économique et technologique planétaire. C'est beau, dit comme ça, mais pour moi, cela voulait dire : plus de boulot, plus de nourriture, plus d'eau et un bordel sans nom un peu partout. Il a fallu des années pour que les gens arrêtent de s'entre-tuer, plus par manque de munitions que par pardon, d’ailleurs ! Il faut dire que chaque corpo accusait l'autre d'avoir fait le coup, que la Légion ne savait plus comment gérer les émeutes et que le premier à mettre la main sur un Méka devenait le roi du monde, ou disparaissait sous les coups d'un autre encore plus gros.
La vie avait repris tant bien que mal, lentement, dans une paix toute relative. Des alliances fragiles, pleines de rancœurs, virent le jour, certaines cités pilonnées furent réaménagées, d'anciens bâtiments réinvestis. Il fallait bien survivre, on a tous décidé de rassembler ce qui restait d'opérationnel et de reconstruire. Il faut dire que l'espoir de voir arriver des secours ne faisait déjà plus recette que dans les temples. [...]

Partie 6 : Les enfants du désert
J'ai su que tout changeait avec l'élection de Ghran Jiang au poste de maire de ma petite ville. Il était né après la rupture et il avait une vision : oublier le passé et amnistier les crimes corporatistes pour rassembler les populations. Il faut dire que, dans une même famille, on pouvait avoir les représentants de plusieurs sociétés privées. Les repas de fête finissaient souvent en bagarre et les meurtres pour de simples rancunes datant d'une autre génération étaient encore fréquents. [...]
Impossible d'oublier les effets de la présence corporatiste (j'étais un peu devenu militant écolo à l'époque, il faut dire que la faim fait faire n'importe quoi) et, partout je ne voyais que des fonds marins mis à nu par le pompage, les ruines et les ossements des créatures des abysses. Plus rien ne poussait vraiment sur cette terre dévastée. Les rares îles étaient devenues des montagnes ou des plateaux dominant un paysage plat à perte de vue.
Si les cadres corpos étaient partis, certains acharnés du boulot avaient tout de même relancé des unités de production : les hydrocarbures étaient encore disponibles en bonne quantité, pas comme maintenant ! Les torchères des plate-formes brûlaient dans la nuit à l’horizon. Je sortais avec une Eco-terror à l'époque, alors j'ai participé à quelques opérations pour lui faire plaisir. Je me rappelle de cette nuit où on est allés poser des charges sur les pattes d'un énorme méka qui gardait une mine d'uranium à ciel ouvert. Cela rendait tout le voisinage malade et les enfants mourraient à tours de bras, mais pas moyen de s'approcher avec ce gardien. Quand l'un des pilotes nous a détectés, j'ai cru que j'allais mourir, de peur d'abord car une machine de la taille d'une arcotorre qui se met à vous foncer dessus en courant, ça craint, et puis mourir tout court quand les corpos ont utilisé leurs balistiques pour nous allumer. Ce foutu détonateur ne marchait pas et je commençais à avoir peur que le méka ait utilisé un brouilleur d'ondes. Heureusement, ils n'y ont pas pensé, sinon on aurait été foutus. Noudeta y est passée et son frère Birase aussi, ces gars ne plaisantaient pas et voulaient notre peau. Quand tout a explosé, j'ai quand même eu un petit tiraillement au cœur. Pas pour mes compagnons d'armes ou ma copine du moment, non, mais ça me faisait mal de voir cette magnifique machine s'effondrer. [...]

Partie 8 : Mon méka
Il m'a fallu du temps pour mettre la main sur un méka digne de ce nom.
Après pas mal de temps dans une jeep de convoi, j'avais enfin pu monter à bord du méka qui protégeait la colonne Zakir. J'avais ensuite galéré dans la Cybelle pendant des années à partager une couchette chaude avec son propriétaire, un flibustier sans foi ni loi qui sentait la sueur. Je crois bien qu'on se détestait cordialement sans oser se l'avouer. Après autant de temps à écumer les Mers Arides, le code d'honneur voulait que l'engin soit autant à moi qu'à lui, alors on faisait avec. Et puis, un jour, il est mort bêtement (meurt-on différemment d'ailleurs ces temps-ci ?). On n'avait rien croisé depuis des jours, les rampants nous avaient abandonnés depuis longtemps et le réservoir d'eau était bientôt vide, il fallait commencer à choisir entre boire et avancer. C'est ce genre de situation qui a tendance à aggraver les tensions. On était loin de tout et on s'engueulait comme si les voisins devaient entendre : ça a dû durer une bonne heure et on se criait dessus à propos de qui devait faire réparer l'actuateur des communications. Je n'avais pas un sou quand on était au port pour le faire et lui, qui se prenait pour un capitaine, ne voulait pas s'abaisser à ça. Bref, on s'engueulait comme un vieux couple sur l'épaule droite de la Cybelle, je crois que j'étais monté pour bricoler l'antenne et essayer de capter quelque chose, et Zakir m'avait suivi pour continuer à me crier dessus. Je ne sais plus comment ça c'est passé, il ne se tenait pas et il a glissé. C'est l'un des plus petits mékas, mais une chute de neuf mètres, c'est fatal.
Je l'ai enterré sur place et je reviens le voir tous les ans ; après tout, c'est sa mort qui a fait tourner la chance. Juste après son accident, je suis tombé sur une source souterraine et j'ai pu faire le plein. Une semaine seulement plus tard et je tombais par hasard sur un hangar recouvert de sable que personne n'avait encore pillé. Il m'a fallu pas mal de temps pour m'ouvrir un passage, c'est chiant le sable, ça retombe tout le temps. Quand j'ai vu ce qu'il y avait dedans, je suis remonté dans la Cybelle et je l'ai fait racler la dune à grands coups de manipulateur ! [...]
Et bien oui les gars, j'avais trouvé un APVY, ce méka tellement lourd que personne ou presque ne peut le piloter dans les dunes sans l'ensabler. Il n'était pas trop abîmé et même son énorme canon plasma était encore opérationnel : je l'ai utilisé pour éventrer le bâtiment. Ça déménage ces trucs-là ! C'est là que j'ai mis à jour tout un QG corpo, un de ces trucs souterrains secrets du temps de la guerre froide commerciale.
Ne cherchez pas après ma planque, elle est loin de toutes les routes commerciales classiques, loin au-delà des cratères de verre radioactifs. Mais pour montrer que je ne raconte pas n'importe quoi, allez voir le cadeau que j'ai fait au gros Rokko, qui tient le bar Yan. Il y a un fusil Hella suspendu là, vous savez, ce truc laser super dangereux à lentille liquide qui marche même dans le vide et qui équipait les vaisseaux… le même, mais en portable ! Les souterrains me servent de port d'attache depuis et ils sont indétectables : personne ne les trouvera sans moi alors arrêtez de penser à me doubler !
Je n'ai pas mis la main sur un vaisseau orbital pour l'instant, mais c'est déjà un sacré magot et je compte bien apponter cet énorme méka au quai d'un bon vieux port-cité, alors j'ai besoin d'un coup de main. Si je vous ai bassiné avec mon passé, c'est pour bien vous faire comprendre que je n'aime pas les descendants de colons aigris, les éco-guerriers, les bourgeois qui font la loi et encore moins les gamins inexpérimentés. Je cherche un équipage de gens sérieux et aventureux qui n'ont peur de rien car je compte bien emmener ce truc plus loin que personne d'autre et ce n'est pas un vaisseau de mort qui m'arrêtera.
Oui, il y a du boulot pour le remettre en état, et il faudra partager les frais et probablement bosser un peu avant de partir pour se payer un actuateur de jambe qui ne déconne pas., mais bon, c’est un APVY, quoi ! [...]

Avec ce Méka et la traînée dans le ciel qui m'a révélé la direction à suivre, je sais à présent où aller, alors, si vous voulez me rejoindre à bord de mon marcheur, allez voir Rokko, il saura comment me contacter.


 

LE JEU DE ROLE

HOMEKA est un jeu de rôle original signé Frédéric Dorne et Gabriel Glachant. L'auteur de SteamShadows et le fan de space opera explorent pour vous la lune Zéphyr et ses engins d'une époque révolue, les mékanoïdes, des machines de guerre transformées en véhicule d'exploration et en refuge pour un groupe d'aventuriers contraints de cohabiter. Tout simplement écrit sur les concepts de science fiction chers aux auteurs, le livre de jeu allie la notion de famille, unie autour du méka hérité ou gagné de haute lutte, et une catastrophe écologique au niveau planétaire où la survie prend tout son sens.

HOMEKA possède un système de jeu à deux échellespour simuler les terribles combats de mékanoïdes, incarner la machine et gérer les conflits humains. Joueurs novices et confirmés le trouveront particulièrement adapté, rapide à prendre en main et souple. Et, bien entendu, le livre intègre un énorme univers de jeu, aux retombées planétaires, offrant de nombreuses possibilités d'aventures passionnantes, de combats titanesques, d'opposants machiavéliques et de machinations à l'échelle interstellaire.

UNIVERS

Voilà près de trente-cinq ans que la porte stellaire reliant le système de Crios au reste de la Confédération a été sabotée, entraînant une évacuation précipitée de la lune Zéphyr et mettant ainsi fin au conflit frontalier acharné qui y faisait rage depuis plusieurs années. La porte, devenue instable, a fini par imploser et les corporations qui exploitaient la petite lune exsangue ont été contraintes d’abandonner derrière elles une quantité astronomique de personnel et de matériel : responsables, scientifiques, familles, forces militaires privées, les immenses installations d’extraction ainsi que la majorité des machines de guerre engagées dans le conflit, car, pour partir le plus vite possible, chaque kilogramme comptait.

ZEPHYR LA BLEUE

Après une colonisation réussie, deux cents ans plus tôt, la belle planète bleue avait attiré l'attention des corporations. Plusieurs sociétés extrazéphyriennes décidèrent alors d'exploiter ses ressources naturelles et en particulier son eau, devenue indispensable aux réacteurs à fusion et à la conquête interstellaire. Massive Engineering avait ainsi fait construire une de ces exorbitantes portes stellaires dans le système le plus proche et l’a acheminée vers Zéphyr. Après 50 ans de voyage, le plus grand des projets industriels jamais envisagé avait commencé, au grand dam des colons zéphyriens.

Plusieurs décennies d’exploitation frénétique suivirent, amplifiée par la mise en place régulière de nouvelles concessions qui menèrent à l'assèchement des océans et à un minage massif des sols. Les richesses de Zéphyr commencèrent à tant s’amenuiser qu'une violente guerre de territoire éclata entre les corporations. Loin de toute autorité, les sociétés belligérantes cherchèrent à voler les maigres ressources de leurs concurrentes. Nombreuses furent les factions qui déployèrent des moyens de plus en plus agressifs et destructifs, sans aucun scrupule, transgressant toutes les règles établies, défiant la Confédération en dévastant un monde autrefois idyllique. Les plus puissantes de ces armes étaient les mékanoïdes, les gigantesques machines de guerre qui s’affrontaient pour le contrôle des ascenseurs et derricks orbitaux, pour les ultimes plans d’eau et les dernières mines d'uranium, d'or ou de charbon. Ces puissants engins, qui ne comptaient que quelques centaines d’exemplaires, étaient pourtant les maîtres incontestés des champs de bataille, leur armement hi-tech vitrifiant les bases ennemies et rasant toute opposition.

LA RUPTURE

C’est alors que, loin dans les profondeurs du sol, quelque chose a été découvert et aussitôt caché, désespérément confiné, provoquant la panique dans les bureaux des plus hauts responsables. Immédiatement après cet événement, la porte stellaire, censée rester neutre et inviolée, a été attaquée et menaçait de s'effondrer sur elle-même. La peur de l'isolement a entraîné un exode aussi massif que désespéré. Les corporations cherchèrent à limiter les pertes en ne rapatriant que leurs moyens prioritaires. Les plus riches et les plus puissants abandonnèrent tout derrière eux et ne laissèrent que haine, peur, dégoût et ruines. La porte implosa en une boule de plasma visible même en plein jour, qui sonna le glas de l’ère des corporations.

Abandonnées à leur sort, les milices continuèrent une guerre futile, pensant que les corporations allaient revenir. Les hostilités finirent par s’éteindre d’elles-mêmes, avec le temps et l'effondrement du système économique et technologique planétaire. La vie reprit tant bien que mal, lentement, dans une paix toute relative. Des alliances fragiles, pleines de rancœur, virent le jour, certaines cités pilonnées furent réaménagées, d'anciens bâtiments réinvestis.


ZEPHYR LA DESERTIQUE

Plus d’une génération plus tard, une population hétéroclite de survivants a reconstruit une société fragile sur les vestiges corporatistes. Partout où porte le regard, un horizon désolé les entoure : les fonds marins mis à nu par le pompage des vertigineux ascenseurs spatiaux sont à présent autant de déserts arides, hérissés çà et là des ruines oubliées de mégastructures humaines, parsemés des ossements de gigantesques créatures aquatiques qui peuplaient les océans zéphyriens. Sur les rares îles, devenues des plateaux dominant le paysage, des mines-puits béants et des torchères brûlent sans fin et noircissent les dunes des milliers de kilomètres aux alentours. Malgré la pollution, les gens se pressent pour profiter de leur chaleur bienvenue dans la nuit du désert ou des pôles encore glacés.
Des cratères vitrifiés et radioactifs criblent des régions entières, les rendant impraticables.Les QG souterrains des corporations se sont effondrés et laissent échapper des secrets oubliés; les plus courageux qui s'y aventurent parlent de dangers inconnus et en ramènent parfois des machines d'une technologie de pointe devenue inaccessible. Les anciens ports, isolés des mers, restent les lieux les plus habités où se rencontrent de vieux corporatistes usés, de jeunes pilotes inexpérimentés, des mercenaires quelquefois dignes de confiance, des descendants de colons aigris, des éco-guerriers en quête de vengeance, de riches bourgeois détenteurs de l'autorité qu'ils ont achetée et des milliers de gens prêts à tout pour s'en sortir. Le rêve de tous est de retrouver un vaisseau orbital en état et de quitter Zéphyr afin de rallier la prochaine étoile, même en vitesse subluminique.

Les peurs et les espoirs se réveillent parfois, quand une arme HV flambant neuve est retrouvée alors que les dernières sont censées avoir été détruites pendant la guerre, quand la rumeur éclate qu'une corporation exploiterait encore en secret des mines inaccessibles, ou encore quand le grondement caractéristique d'un vaisseau de descente atmosphérique venu d'on ne sait où annonce la destruction et la mort d'un méka ou d'une cité, sans raison ni pitié.

Dans ce chaos total, les choses se sont ordonnées petit à petit, autour de personnalités, autour de ressources et autour d'anciennes rancœurs.

DES SIGNES DANS LE CIEL

Pourtant depuis bientôt un an, le ciel annonce un changement. De multiples traînées de fusion caractéristiques annoncent le retour sous peu de vaisseaux interstellaires, chargés de menaces inconnues et de bouleversements majeurs. Avec l'anticipation et la peur, les anciennes allégeances refont surface, les anciens conflits troublent à nouveau les nuits et les craintes sont exploitées par des prophètes auto-proclamés. Le peu de calme gagné par des décennies de concessions est à nouveau rompu sur de simples suppositions, car personne ne sait qui arrive : la sacro-sainte Massive Engineering ? Les renforts tant attendus par la Légion ? Une nouvelle corporation avide ?

LES MARCHEURS-MAISON

Les plus chanceux, ou les plus fous des Zéphyriens, sont les membres d'équipage d'un méka remis en état. Les énormes machines, bipèdes, à chenilles ou à roues, toutes rafistolées, sont à présent les foyers mobiles d'aventuriers de tout poil, comptant sur leurs camarades et sur leurs puissants véhicules pour traverser les déserts qui séparent les cités. Passant de petits jobs en petites arnaques, les équipages cherchent à maintenir leur méka opérationnel, à vivre plus qu’à survivre, et surtout à conserver leur appareil à l’abri des griffes de centaines d'autres désespérés prêts à le leur voler. Parfois, deux de ces engins de guerre s'affrontent, causant toujours énormément de dommages et, de temps en temps, un commandant, moins scrupuleux ou plus riche, lâche une des anciennes armes de destruction massive aux conséquences cataclysmiques. Mais les autres mékas ne sont pas les seuls dangers pour ces géants de céramique et de myomères. Des rassemblements de jeeps solaires et d'agiles motos permettent à des écumeurs des sables de rattraper un marcheur blindé et de l'entourer pour lancer des grappinset mener un abordage digne d'un film de pirates du XXème siècle.

AFFRONTER ZEPHYR

Nous sommes en l'an 227 de la première colonie, 34 ans après la Rupture, et votre personnage fait partie d'un de ces chanceux équipages, aux commandes d'un méka à choisir parmi une longue liste de machines réparées depuis des décennies. Combattre pour conserver ce précieux véhicule ne sera pas votre seul objectif, la lutte pour entretenir la machine et lui permettre de continuer à avancer demandera des trésors d'ingéniosité et des dizaines de boulots plus ou moins légaux aussi variés que la protection de convoi ou le vol pur et simple. A moins que vous ne tentiez votre chance dans les Mers Arides afin de partir à la recherche des secrets abandonnés par les corporations ou des mystères que la disparition des eaux a révélés et qui n'auraient jamais dû voir la lumière.

Votre personnage s'est peut-être enrôlé à bord d'un méka par respect pour son capitaine, par passion pour cette machine énorme, pour rejoindre un équipage aussi passionné que lui ou car il ne pouvait se résoudre à son sort. Commandant froid comme la glace, chasseur de prime blagueur, commerçant moraliste, criminel en cavale aigri, Délégal sans foi ni loi, guerrière corporatiste, légionnaire dragueur ou technicienne sadique, de nombreux rôles vous permettront d'explorer la vaste planète Zéphyr, ses merveilles et ses dangers.

La gamme HOMEKA est en précommande et devrait être disponible en février 2017.

Livre de base
Campagne de jeu
Carte régionale
Ecran du MJ

 


 


     



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480 pages couleurs
Illustrations de Fabien Laouer
Livre complet ne nécessitant pas d'extension pour jouer immédiatement

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